Pourquoi les usines françaises ferment ?

Depuis des années, nous entendons parler des usines qui ferment comme si c'était une grande surprise, comme si on ne s'y attendait pas. Arrêtons d'être idiots cinq minutes et réfléchissons. En regardant l'industrie française on peut s'appercevoir de deux choses qui nous font comprendre que tout était prévisible depuis longtemps. Et j'irais même plus loin : les usines qui ferment les unes après les autres est une bonne leçon pour la France, qui ne veut jamais bouger. Espérons qu'elle en tire une leçon.

L'industrie française cherche à faire du low-cost

Regardez nos voisins allemands. Vous avez vu leurs usines Mercedes ou Volkswagen fermer pendant la crise ? Non ? C'est parce que leur chiffre d'affaires a augmenté pendant la crise ! Pendant que l'État français mettait la main à la poche pour sauver Peugeot-Citröen, l'État allemand n'a pas déboursé un centime pour sauver Mercedes ou d'autres constructeurs. Et vous savez pourquoi ? Parce qu'en temps de crise, les riches ont toujours de l'argent, et les riches ne vont pas acheter une voiture française...

Alors bien sûr c'est un peu cliché, la France fait aussi de très bons produits. Mais il faut être honnête : les industriels français, qui auraient dû se positionner en tant que fabricant haut de gamme, ont préféré se placer sur un marché moyenne gamme "tout public". Tout public ? C'est bizarre mais je connais beaucoup de personnes qui roulent en BMW et qui ne gagnent pas de gros salaires. Avec le développement du leasing, beaucoup de gens roulent en très belle voiture, à moindre coût. Les industriels français devraient faire ce pari, et pas que dans l'automobile.

L'industrie française ne mise pas assez sur les nouvelles technologies

Pendant que l'État sauvaient des usines qui se casseront la gueule dans trois ans, il y avait de jeunes entrepreneurs qui ne demandaient rien à personne et qui étaient en train de construire les vrais emploi de demain. Ce sont eux qu'il faudrait aider, parce que ce seront eux les futurs grands chefs d'entreprises. L'État français est loin des vrais préoccupations du marché. Les gouvernants vont au chevet des usines malade et vous savez pourquoi ? Parce qu'un arbre qui tombe fait plus de bruit qu'un foret qui pousse.

Et parce que la population française, grâce à nos très chers médias, pensent que la fin de l'industrie "à la papi" en France est une tragédie. Et du coup pour éviter de trop baisser dans les sondages, les hommes politiques de droite comme de gauche vont rencontrer les salariés et les syndicats en leur promettant "de faire le nécessaire pour que la situation s'améliore dans les plus brefs délais". Et pendant ce temps, un gamin dans sa chambre est en train d'inventer les emplois de demain.

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